Sunday, April 22, 2012


ASTHENIA
“Tell me, tell me, tell me what bothers you.
Tell me what’s on your mind…what’s on the mind.”
“Well, every fucking thing about this life.
The good things that came to me today, all the beauty
at the end of the day that’s all very nice
but tomorrow, what do I get? Bad shit? Maybe.”

I am talking to myself walking through a construction field
and I’m not even drunk.

Fear and anguish and anguish and anguish.
I can think of a thousand places and recall a thousand moments
haunting and daunting or pleasing and appeasing like a motherly kiss
but I’m stuck in this one and I don’t have time to ponder,
only time to wonder about worthless shit
when my thoughts wander like a beat hermit on dystopian gravel
carried by calloused feet.

Now, on my left hand let pages get heavy
behind my glasses, my eyes get weary.
Let a good book settle inside me
like a good full moon settles in the sky
and keeps you from sleeping but you’re not completely awake
…just drowsy
and you take time to stare at that moon
outside the window, between buildings.

Now get stoked on that moon,
get stoked on a sunset between buildings
or on a new song you dig
or an old song you dig, til you get sick of it.
On a pretty girl’s high heels
get stoked on that skirt she probably wears
for a worthy occasion.
Imagine her skin, how you would caress it.
Calloused fingers
on that beauty-products-soaked skin.

Well, as for me, I’m an astronaut
and I take notes. I float.
above parking lots and cemeteries
above parking lots that look like cemeteries.
right above all the heads on the train platform
whose ears buzz from the suitcases, dragging.
Above lines of people, crosses of gold…
but I see a crowd at a show, dancing
so I start descending…
Standing in front of the stage I stare at the bassist.
I look at her fingers lit by blue lights
at the veins on her hands and knuckles, dilated by the heat
they make her not so doll-like, more real.
These womanly fingers stroke the strings, make music.
Drops of beer are being spilled at my feet.

Later, outside, I’m looking for a nihilist kiss
a kiss to get me out of this, this feeling,
cause I got no pills on me,
only jelly beans.
I only have jelly beans in my pocket, like a kid. I eat the mouthful
and chew on it but I’m looking for a nihilist kiss.
A hand strokes my head and this girl I know sits next to me
I might get it, this kiss.
Clear up my thoughts
see one thing at a time, unlike the eyes of a fly.
But among these people, this intact bubble on white gravel
I’m on the outside looking in
like when I talk to myself, walking through a construction field.



 

(the band is the Dum Dum Girls and you should listen to them cause theyre great.)

Sunday, April 1, 2012

WHATEVER IN MY POCKET

Quand j’étais petit j’avais tout le temps les poches
pleines de petites choses : des papiers, des cailloux,
des figurines, des stylos.
Ma mère me disait toujours de les vider
avant de mettre mes affaires au sale…et que quand je serais grand
je serais antiquaire.
Je suis pas antiquaire.
Quand on grandi, on a plus le droit d’avoir tout ça dans ses poches
enfin si, des tickets de caisse, des listes de courses, des trous,
mais les stylos on les laisse accrochés aux petites chaînes de l’URSSAF
ou de la CPAM. De toute façon on texte. Tactile. Bref
donc maintenant je garde mes expériences dans une poche imaginaire.
J’en cherche même, des nouvelles quand je peux, sans arrêt.

Et je viens de mettre mon jean sale de trois semaines à la panière :

Une main douce
aux doigts fins ornée d’une grosse bague carrée.
Au milieu des tombes, des touristes à la con.
Paris, Père Lachaise, temps moribond.
Ma joue chauffe, mon oreille bourdonne, je me sens vivant.
Je viens d’prendre une gifle là où j’en avais jamais pris avant.

11h30 ma sœur part bosser, je suis couché.
« Tu bosses pas aujourd’hui ?
-Nan, j’y vais pas aujourd’hui.
-Tu vis toi…
-Comment ça ?
-Bah tu fais ce que tu veux. »

Wednesday, February 29, 2012

WE CAN BE US, JUST FOR ONE DAY
Ses yeux grossis par ses verres de lunettes aux montures transparentes
se plantent dans les miens et de sa voix tremblante il me demande :
« Excuse-moi, c’est toi Jonathan ? »
« Euh, nan, désolé. »
« Ah, pardon. » Sourire gêné, on voit à peine ses dents.
Il se retourne et me laisse là, le cul sur le cadre de mon vélo blanc.
J’aurais pu prétendre être Jonathan, après tout, comme moi ça fait un moment qu’il attend
mais je suis pressé maintenant…

Un gros FAF sur les marches du théâtre : Bombers, treillis et lacets blancs,
regard bovin, crâne rasé, à blanc.
J’aurais pu être barraq ou avec cinq skins et lui refaire la tronche à ce gros sac,
lui péter les dents,
apaiser sa frustration parce qu’en face des marches il y a deux kebabs
et des blacks qui attendent, patiemment devant.
De toute façon je suis pressé, maintenant.

_________________

Sous la douche, je laisse l’eau couler sur ma peau sèche, tatouée.
Dans une ou deux minutes, il n’y aura plus d’eau chaude,
le ballon sera vidé
mais là, sous l’eau, dans ma tête, des images par milliers…
Je regarde l’horloge sur le mur carrelé,
je me ris d’elle, dans cinq minutes je dois me barrer,
avant d’être en retard, de me faire engueuler
mais l’eau continue de couler.

Tuesday, February 21, 2012

Recueil terminé. Editeur trouvé. Des news bientôt.

Sunday, February 12, 2012

______Les vieilles dans le bus elles aiment bien regarder les enfants qui dorment dans une poussette, elles penchent la tête et esquissent un sourire tendre, un sourire de mamie. Mais les vieilles elles froncent les sourcils et mettent leurs sacs sur leurs genoux quand deux femmes voilées s’asseyent à côté d’elles, elles esquissent un sourire pincé, poli et la gêne s’installe doucement. Le bus repart. Les quatre prennent soin de ne pas trop avoir de contact physique et c’est vrai que c’est chiant, dans le bus, de toucher la cuisse ou le genou de quelqu’un mais parfois, pas le choix. En tout cas de mon point de vue elles sont très photogéniques et il y a une symétrie parfaite par rapport au centre des sièges réservés. Cet axe est frôlé d’un côté par les manteaux Damar et de l’autre par les épaules dodues qui sursautent dans un rire en kabyle.
______Les deux paires de jumelles sexagénaires descendent, je m’assieds… on s’assied. Je sors un livre qui parle de Devo. Je sais que je bouge les lèvres et que je murmure quand je lis. Là, je m’en rends compte au bout d’un petit moment, c’est peut-être pour ça que le mec en face de moi sourit. Je n’ai pas levé la tête depuis quelques rues comme un hassidique laïque penché sur son livre mais j’entends le gosse à côté de moi demander à sa mère comment marchent les tickets de bus, elle lui explique que c’est comme une perforeuse, comme celle de « la maitresse » mais il demande comment ça se fait qu’ils sont carrés… Plus il pose de questions et moins sa mère répond, rien qu’au son de sa voix elle a l’air épuisée. Au moins elle lui répond au lieu de lui donner un je ne sais pas d’adulte fatigué, ça m’attriste quand j’entends des parents faire ça mais peut-être qu’après tout c’est compréhensible. J’en sais rien, j’ai pas d’enfants, je n’ai jamais eu à faire de baby-sitting, je n’aime pas la plupart des enfants que je croise et ceux que je dois encadrer ont perdu toute curiosité enfantine au profit de la gêne adolescente, la plupart, ça les fait grave chier d’être là et quand tu poses une question au prof t’es un intello, t’sais ! C’est la survie du plus débile.
______Celui-là, comment est-ce qu’il peut avoir autant d’énergie après une journée d’école ? Ça me fait penser à ce que m’avait dit Laurent (Laulau) un collègue : « Tu sais eux, ils se couchent à neuf heures et d’mi, ils ont la pêche toute la journée !» Je me rappelle de mon père quand il ne voulait pas jouer avec moi et qu’il restait assis dans le canap’ à lire l’Equipe.
______Les portes s’ouvrent, la mère et son gosse vont être en retard quelque part.

Sunday, January 8, 2012

SAVE IT FOR A SUNNY DAY
I.

These dreams will be my anchor
These dreams wille be my income

Like Dylan said the poet’s in the gutter
and it’s a constant struggle cause most jobs are shit jobs
and cause recklessness is the only thing that leads our lives
and doesnt have any arguments to defend itself.
Humans need freedom
the artist needs time

but has no time to make money
so he slaves part of the day
forgets himself part of the day
but who more than the artist needs his own full self ?
The others lose their souls to a job
and find it back in the alleys of a supermarket
like my uncle who brags about his job in a supermarket
and then i notice a note on the fridge with the name of a shrink.

The artist compromises,
finds time between phone calls, frustrations
and obligations and when he succeeds in finding that time
then only can he hope to give his most precious thing to his art,
_____________________his life.

____only then will he feel the pleasure to feel his hands work for him
feel the angel of the spine climb the stairs of his vertebrae
all the way up to his brains.

II.
Heaven could be a place on earth if animals gave up their suits
and the pursuit of success, their lives when they fit only in a suitcase,
cause Reason turns an animal into a man
but the System turns Man into an animal,
this animal who forgot that the reason behind each day
is feeding the body and the soul,
surrouding oneself with one’s kind
and soothing the sexes that allievate the mind.


photo par ? '09

Friday, January 6, 2012

HAIKUS AUTOMOBILES

Je descends l’avenue Champollion

Trois flics chargent une vingtaine de fusils à l’arrière d’un camion.

Un homme pose sa baguette de pain sur la banquette arrière.
Avant de refermer la portière
Il la reprend, en arrache un morceau
et le tend à son fils assis devant

et moi je casse les rétros des voitures garées sur la piste cyclable.